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arnoar@hotmail.com

Extrait d'une conversation

avec François Cervantes le 18 octobre 2000

Les portraits  dans le métro en noir & blanc


FC

L'homme qui a l'air le moins pressé est celui de la première photographie, un clochard sans doute. Il regarde passer les voitures, il voit ce que tu as vu:  les visages, les instants, il n'y a aucun mot. Le métro fait tellement de bruit qu'on se parle peu, les gens se plongent dans des livres. Les voyages entre deux stations sont si courts. C'est la première fois dans l'histoire que l'on voyage comme ça. Les gens ne partagent que quelques secondes. Si une conversation commence, on sait qu'elle finira dans quelques secondes. A Paris, pour aller d'une station à une autre il faut une minute trente... ...Si la jeune femme blonde fatiguée se retournait vers la religieuse et lui demandait comment est-ce qu'elle croit en Dieu, est-ce qu'elle pourrait répondre en une minute trente? La plupart des gens sur ces photos sont isolés dans leurs pensées, mais ils sont physiquement les uns contre les autres, entassés, sans destination commune, sans cause commune, sans pensée commune. C'est un concert dissonant. Les gens ne sont plus que des images, entassés comme dans une arrière boutique d'antiquaire.
Est-ce que l'écriture pourrait dire cette disperssion ?


AT
Tous ces gens ont une histoire qui disparait le temps du voyage. Ils sont plongés dans  une solitude de courte durée mais immense. Dans cette solitude on les voit mieux que dans le reste de leur vie. Dans le métro les gens laissent apparaître leur histoire sans vouvoir la raconter.

FC

Ces moments sont destinés à l'oubli. Ce sont des moments de transit qui se passent sous terre. La vie est interrompue, la personne à côté de qui on s'installe n'est pas choisie. On attend de sortir, on va le plus vite possible d'un endroit à un autre. Toi, tu fixes ces moments là, tu mets de la lumiére sur des moments d'absence.

AT

Avant, le voyage était un endroit de rencontre. Maintenant, on évite d'entrer en contact avec qui que ce soit. Le voyage est devenu un lieu de séparation : on se déplace assis, c'est tout!

FC
On sent qu'il est en train de se jouer un drame mais on ne sait pas lequel. Un drame que l'on a sous les yeux, innomable, avec des centaines de personnages sans relation entre eux. Il y a le lieu du drame mais le drame, on ne le connaît pas.

AT

L'homme à la cravate, peut-être qu’il ne peut se laisser aller ni dans son travail ni dans sa vie comme il se laisse aller dans le métro. C'est un endroit de liberté, un lieu sûr. Les gens ont la possibilité de réfléchir, ils sont enfin seuls alors qu'ils sont si près les uns des autres.


FC
Une cachette ?

AT
Oui, un petit endroit tranquille. On sait qu'il n'y aura pas de surprise. C'est un endroit de replis où l'on peut mesurer l'étendue de sa chance ou de sa misère.

 

     

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